Mes hool’s sont en Prada

MONACO – La saison de Ligue 1 bat son plein, et depuis l’arrivée de Dmitry Rybolovlev, on peut dire que l’AS Monaco a entrepris de profondes mutations pour essayer de ressembler enfin à un club de football moderne et digne du statut que son glorieux passé lui a octroyé. Et même si le modèle employé par les Russes peut déplaire à la plèbe et aux spécialistes sportifs de tous bords, les résultats sont là. Malheureusement, toute médaille à son revers, et la Principauté a vu pousser en son sein un petit groupuscule indépendant et incontrôlable, penchant très nettement vers le hooliganisme… Mais toujours à la sauce « monégasque ».

La défense de l’identité monégasque

Costumes Prada taillés sur mesure, la dernière petite merveille de montre Piaget au poignet, chaussures Bexley vernies et brillantes, lunettes Gucci dernier cri sur le nez, nous avons rencontré les membres de cette faction sur la terrasse du café de Paris, nous faisant même offrir la coupe de champagne. D’emblée, la discussion tourne autour des raisons qui ont poussé à la formation d’un tel groupe : « La défense de l’identité monégasque avant tout ! »
Pour illustrer cela, Charles, le leader spirituel, nous conte une anecdote fondatrice du mouvement : « Un soir, la saison dernière, à la sortie d’un match, je crois que c’était contre Bastia ou Montpellier, un malotru est venu devant nous avec des propos fort peu avenants, comme “Monaco on t’encule” ou “Albert est homosexuel !” Johanna, ma mie, dans un excès d’alcool, s’est exclamée en ces termes : “Mon Charlie, va donc casser les dents de ce maroufle, il m’importune”. Obéissant à ma dulcinée, je suis allé mettre la tête du postillonneur contre la jardinière la plus proche, jusqu’à ce que ses dents maculent le bitume. Cela m’a couté une centaine d’Euros en teinturerie. Mais la montée de jouissance qui m’a parcouru l’échine à ce moment-là… J’en ai bien sûr devisé au club house le lendemain, après un petit neuf trou. »

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Une idée qui a fait du chemin

Ils sont présentement une dizaine d’individus, tous ayant pignon sur rue à Monaco, et qui se regroupent de temps à autre, sans véritable organisation, pour « rosser » les supporters adverses venus chercher querelle.
Damien, nous explique le mode de fonctionnement : « En tribune, on est tous chacun dans son coin, certains sont en “haute” (au-dessus de la loge princière NDLR), d’autre sont en “basse”. Les plus mal lotis sont en honneur. Mais le principal c’est en dehors du stade que cela se passe, assez souvent les leaders adverses nous appellent, et on s’organise une entrevue, à nombre égal, à armes égales, ceinturons, manches de pioche, voire sans rien, selon notre humeur. On connait un ou deux petits coins tranquilles en dehors des surveillances de la maréchaussée qui nous permet de deviser gentiment avec la gent masculine adverse. La jouissance de Charles a fait bien du chemin depuis un an… »

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Un nom dans le milieu

Et ce petit groupe commence à se faire un nom dans le monde du hooliganisme. « Ils sont vicelards, nous commente un Ultra adverse, avant un match, on s’était donné rendez-vous à l’écart, 10 contre 10, sans armes. Y’en a un qui m’a pourtant arraché le visage avec un truc, on n’a même pas pu savoir ce que c’était ! »
Réponse d’un de nos intéressés : « Fichtre, c’était donc cela, hein, gredin ! Je me rappelle de ce jour-là, j’avais ébréché la chevalière de mon arrière-grand-oncle sur la tête de ce manant. Une bague qui a fait la guerre, ça coute une fortune ! »
Armand-Thierry nous explique : « On a déjà visité Marseille, Paris, et Nice bien sûr. Pour Marseille, nous avons été désappointés, nous nous étions tassés en masse dans deux Rolls, tout cela pour trouver quatre clampins criant “tuez-les” derrière un grillage. À Nice, nous nous sommes bien divertis, tout comme à Paris d’ailleurs. »
Ce groupe est donc bien à part dans le paysage des supporters en France, mais surtout dans le microcosme Monégasque où il fait un peu figure d’OVNI.

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Le mot de la fin, c’est Bruno qui nous le résume : « De toute façon, je n’aime pas me mêler à la populace des tribunes, le petit peuple ne m’intéresse pas… Par contre, jouter un manant de supporter adverse moqueur et injurieux et lui coincer la tête contre une brique, jusqu’à ce qu’elle a mal, ça, c’est le genre de batifolage qui me met d’humeur radieuse. »

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