Port Hercule, travaux d’Hercule ?

MONACO – Après de vives discussions, et malgré les railleries du groupe Horizon Monaco qui parle du « plus mal voté de l’histoire », le budget 2017 a été adopté, et sera donc appliqué en l’état par le gouvernement. Cependant, comme dans chaque document-fleuve revu après plusieurs soirées marathons, ce primitif comporte un côté obscur, sur lequel se sont penchés notre stagiaire-analyste et son équipe de reporteurs.

Le plan secret du gouvernement

Au cours de ce vote, nombreux furent les éternels sujets à revenir sur le tapis : la circulation, le fonds de réserve, ou la pénurie de logements. Mais une maraude est quand même sortie du lot, à savoir les nuisances dues aux innombrables travaux.
Chantier pour l’extension en mer, chantier pour le nouvel hôpital, chantier pour Testimonio 2, chantier pour l’îlot Pasteur… Ce n’est pas une nouveauté, le développement de la Principauté passe par une évolution constante de son exigu territoire. Chaque nouveau chantier apporte du travail, de la T.V.A. et des revenus à postériori. La population de Monaco ne se plaint guère, car la prospérité de notre beau pays est la finalité que tout le monde recherche. Pourtant, le Conseil National s’agite, car il a mis le doigt sur un nota bene au bas d’un post-it aussi secret qu’inquiétant…

Les projets étrangement éludés

Lors de ces interminables séances budgétaires, deux projets de grands travaux ont fait l’objet de courts débats sans entrer dans le vif. En premiers lieux, la rénovation du stade Louis II a rapidement été balayée, le gouvernement indiquant que le phasage était à l’étude. Le second chantier a subi des grincements de dents bien plus prononcés, puisqu’il concerne l’achat du port de Vintimille, déjà largement relaté dans la presse locale.
Si la forme est très mal passée auprès des élus, l’appel au FRC sans consultation des représentants de la nation étant une pratique aussi occulte que désagréable, le fond en lui-même n’a pas fait l’objet de vrais débats.
Et pourtant, si l’on met en parallèle ces deux points d’achoppement budgétaire, il y a largement de quoi relancer un vaste jeu de questions avec le Gouvernement.

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Un stade qui vieillit mal.

Ce n’est un secret pour personne : le stade Louis II ne correspond plus aux besoins ni du club de football ni à ceux du club de basket. Ces deux phares du sport monégasque en Europe se doivent d’évoluer dans des infrastructures dignes des plus grands clubs.
Cependant, le stade sert aussi à de nombreuses associations sportives, et accueille des bureaux. Sa rénovation entrainerait une gêne importante et obligerait de vastes et couteux mouvements matériels et humains pendant une période de 3 à 4 ans. Cette éventualité est  inimaginable. Par la même, la destruction et la reconstruction du stade au même endroit n’ont pas lieu d’être envisagées. Et pourtant, il va bien falloir faire passer le cap de la modernité à toute cette infrastructure, sous peine de voir les riches mécènes qui portent si haut nos clubs professionnels s’en aller vers des cieux plus propices.

La lumière est venue…

… de la fédération monégasque de Natation. Mare Nostrum !
En effet, c’est de la mer qu’une solution innovante et étonnante a surgi. Un des responsables de la fédération monégasque de Natation aurait eu une idée révolutionnaire qui a retenu l’attention de toutes les parties. Et c’est dans cette brèche que s’est engouffré le gouvernement qui a, en secret, lancé les opérations à tiroir qui vont permettre un bouleversement gigantesque dans la géographie de notre pays.
Le concept est fort simple : puisque la configuration actuelle place la piscine sous le stade Louis II, pourquoi ne pas construire un nouveau bâtiment directement sur l’eau ? La méditerranée servira alors de nouvelle piscine naturelle. À l’heure des grands projets d’extensions en mer, cette solution semble ainsi des plus logiques.

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Le plan secret du gouvernement (bis).

Construire le stade au milieu du port Hercule, voilà l’idée géniale sortie de l’imagination des fonctionnaires ministériels. « Un nouveau stade qui pourra être construit sans précipitation, un stade innovant au-dessus de l’eau, avec en rez-de-chaussée une piscine naturelle, et ensuite une enceinte dépassant les normes actuelles demandées par les fédérations européennes de football et de basket. » Le chargé de mission sur le dossier est des plus enthousiastes. Le stade Louis II pourra être utilisé jusqu’à l’achèvement des travaux, puis sera détruit pour laisser place à un nouveau grand projet immobilier mêlant habitations et bureaux.
Cette opération à tiroir a déjà été déclenchée par l’achat du port de Vintimille. En effet, construire un stade au milieu du port aurait causé d’énormes problèmes pour les plaisanciers. Le nombre de bateaux du port Hercule est un obstacle que la nouvelle acquisition du FRC est venue balayer.

Notre stagiaire-reporter nous a donc indiqué que des 2017, l’ensemble des embarcations vont être déplacées vers le port italien. Début 2018, le port sera libre pour le commencement des travaux. Le Port Hercule deviendra le centre sportif et culturel de la principauté puisqu’en plus du stade, ces 150 000 m² libérés permettront aussi la création d’un cinéma, d’un parc d’attractions, et d’une zone commerciale à l’identique de ce qui s’est construit à Lingostiere ces 10 dernières années.

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