Le mot du jour : Godillot

La Gâchette, c’est l’information monégasque aux frontières du réel, mais c’est aussi des enquêtes, un horoscope, et surtout de la culture. Et aujourd’hui, nous souhaitons vous partager le « mot du jour », lancé sur twitter par Bernard Pasquier, qui a live tweeté à la Kalashnikov hier soir le meeting d’Horizon Monaco allègrement relayé par Monaco-Matin.
Voici donc une brève présentation de ce terme vieillot, et pourtant on ne peut plus moderne.

Une vieille chaussure militaire

Godillot : nom masculin (de A. Godillot, nom propre)
* Chaussure militaire.
* familier — gros soulier.
* familier — partisan inconditionnel d’une personnalité ou d’un parti politique.

Le godillot est avant tout une antonomase. Il s’agit d’une figure de style qui transforme en nom commun un nom propre. Alexis Godillot (1816-1893) le bien nommé était fournisseur de chaussures de l’armée française. C’était le Monaco Telecom de Napoléon III, il avait le monopole de l’approvisionnement en pompes des troupes françaises, ce qui fit évidemment sa fortune. Ses grosses chaussures de marche prirent de fait son nom, tout comme un service de téléphonie hors de prix et de mauvaise qualité obtiendra bientôt l’appellation MT.

Une récupération politique et caustique

En 1950, le godillot changea de sens. Certes, la grosse chaussure de marche vieillotte garda son appellation ringarde, mais l’expression désigna aussi, de façon satirique, l’ensemble des députés qui se joignirent quasi aveuglément au retour du Général de Gaulle, « marchant » aux côtés du héros de la résistance.

Ainsi, le terme godillot, souvent acculé au mot « député » gagna une nouvelle définition, et devint « synonyme de ringardise, d’obéissance aveugle ». Son heure de gloire sera en 1967, quand « le Canard enchaîné » publia un « Dictionnaire des godillots ».

Une godasse surannée, mais moderne

Le godillot fit un retour fracassant dans l’actualité au printemps dernier. En effet, suite à l’élection de Macron, les députés qui se joignirent au mouvement « En marche » se multiplièrent pour prendre d’assaut l’hémicycle. À l’instar de ceux qui avaient rallié le Général de Gaule, ces « marcheurs » devinrent les « godillots » de la république.

Et c’est ainsi que les conseillers nationaux monégasques qui voteraient aveuglément les budgets et autres propositions émanent du gouvernement, ont été surnommés les « godillots » par un Bernard Pasquier des plus vindicatifs contre ses futurs-ex-collègues de la haute assemblée de la Roca.

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