Le respect de la Priorité Nationale, vœu pieux du Conseil National, se heurterait à un obstacle inattendu : plusieurs métiers de la Principauté refuseraient désormais d’embaucher des candidats monégasques. Une situation suffisamment préoccupante pour justifier la création d’une cellule de crise, chargée de comprendre pourquoi certaines professions semblent avoir développé une aversion pour les ressortissants de la Principauté.
Des critères de recrutement qui défient toute logique
Premier cas signalé : celui d’un garde-barrière, qui aurait écarté plusieurs candidatures locales.
« Nous avons étudié les dossiers avec attention. Un candidat qui habite Monaco n’a probablement jamais attendu un train en retard. Comment voulez-vous qu’il comprenne les usagers ? », explique le métier, qui exige désormais une expérience minimale de trois retards SNCF par semaine, dont un avec correspondance ratée.
Le secteur du nettoyage n’est pas en reste. Un technicien de surface aurait ainsi refusé un candidat au motif que celui-ci déclarait, dans son CV, aimer travailler dans un environnement propre.
« C’est précisément ce qui nous inquiète. Nous cherchons des profils capables de nettoyer une saleté sans se demander qui l’a faite, pourquoi elle est là et s’il faut constituer une commission. »
Du côté des métiers de la nuit, une autre difficulté a été identifiée : la connaissance du tissu économique local. « À Monaco, le candidat risque de passer plus de temps à expliquer son tarif qu’à exercer son métier », aurait expliqué une représentante de la profession, soucieuse de préserver la confidentialité de sa clientèle.
Une cellule de crise qui ne trouve pas de métier à la hauteur
Face à cette situation, une cellule de crise a été réunie. Mais aucun des métiers convoqués ne s’est présenté : le garde-barrière attendait un train, le technicien de surface nettoyait la salle de réunion et la représentante des métiers de la nuit avait déjà un rendez-vous.
Chargé de coordonner les auditions, Gérard P. a finalement proposé « de faire un point sur les compétences attendues ». Un appel à candidatures a donc été lancé pour recruter un coordinateur.
Le poste a immédiatement refusé les candidats monégasques, exigeant cinq ans d’expérience dans la coordination de métiers qui ne veulent pas être coordonnés.
Contacté, l’expert en bureautique publique a identifié une piste : les CV auraient été transmis au mauvais format. Il recommande un nouvel envoi sous Excel, avec une colonne « Motivation » et une autre « Capacité à ne pas être refusé ».
La commission d’enquête devrait rendre ses conclusions prochainement. Elle attend toutefois que le métier de rapporteur accepte de prendre le dossier.