SANTÉ – Un responsable hospitalisé après avoir découvert qu’un chef… devait manager

L’émotion est vive au sein de l’administration. Gérard P., chef de section depuis plusieurs années, a été placé en arrêt de travail après avoir appris que son poste impliquait officiellement… le management d’une équipe.

Selon plusieurs collègues, les premiers symptômes seraient apparus lorsqu’il lui a été demandé de réaliser les entretiens annuels de ses collaborateurs.

« Il est devenu très pâle, a fixé son agenda pendant plusieurs minutes, puis a murmuré : « Il faudrait déjà qu’on organise un call« , avant de quitter brusquement la réunion. Il a été retrouvé, un quart d’heure plus tard, en train de vérifier le sens d’insertion des clés USB. C’est à ce moment-là que nous avons compris que quelque chose n’allait pas », raconte un témoin.

Une allergie au management

Le corps médical évoque désormais un Syndrome Aigu de Responsabilité (SAR), une affection rarissime touchant certains cadres confrontés à l’exercice concret de leurs fonctions.

« Les premiers symptômes apparaissent lorsqu’on demande au patient de fixer des objectifs, d’arbitrer un désaccord ou de recadrer un collaborateur. Dans les cas les plus sévères, il peut même être amené à devoir prendre une décision », explique un spécialiste.

Les médecins ont également identifié un réflexe caractéristique : Gérard P. chercherait systématiquement à faire valider la moindre décision par sa propre hiérarchie, y compris lorsqu’il s’agit précisément d’un sujet relevant de son périmètre.

Soumis à un exercice consistant à attribuer une mission à un membre de son équipe, il aurait finalement préféré l’effectuer lui-même, estimant que « ça irait plus vite ».

Un cas clinique particulièrement complexe

L’état de Gérard se serait brusquement aggravé lorsqu’on lui a demandé d’établir une road map pour son équipe.

Selon plusieurs témoins, il serait resté figé quelques instants avant de répondre, visiblement désorienté : « Oui… mais ça dépend comment on est tourné. Une road map, ça change tout le temps. »

Pris d’une vive angoisse, il aurait immédiatement demandé l’organisation d’un call afin de clarifier la définition du mot « road ».

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Gérard P. serait toujours en observation. Les médecins envisagent une reprise progressive, à condition qu’il ne soit plus exposé aux entretiens annuels, aux arbitrages, aux conflits d’équipe… ni, de manière générale, au management.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *