Masques et hydroalcooliques anonymes : retour sur 2 mois de confineries.

Commencé un vendredi 13, comme tout bon film d’horreur, le confinement en Principauté aura donc duré 50 jours, pour se terminer le 4 mai dernier, à 6h00 du matin. Deux semaines de déconfinements plus tard, la Gâchette de Monaco a réuni l’ensemble de ses stagiaires autour d’une table et d’un café, afin de revenir sur les évènements qui ont marqué ces 2 mois qui, pour sûr, ont changé la face de la Principauté, et du monde, à jamais.

Samedi 14 et dimanche 15 mars

Au lendemain de l’annonce, la Principauté est sous le choc : les écoles sont fermées. Que vont devenir les parents ? Que faire des enfants ? La peur s’empare des monégasques et des résidents, et réveiller les instincts les plus primaires : c’est un début d’émeute auquel nous assistons entre le rayon pâtes et le rayon papier toilette à Carrefour. En deux heures, les étagères sont vides, minutieusement vidées par un commando de Principautaires sous les ordres du général Lapeuroventre.

Pour couronner le tout, le Gouvernement clôt le weekend en déclarant que l’ensemble des lieux « non essentiel à la vie du pays » seront fermés. Fin du sport, fin des activités culturelles, fin du Casino, fin des bars. Par contre, les bureaux de tabac eux, restent ouverts… Faut pas déconner non plus. 

Lundi 16 mars

L’horreur est désormais le quotidien des parents monégasques. Après avoir passé un weekend à se préparer à l’inéluctable, remplacer les instituteurs et autres professeurs pendant un temps indéterminé, le Gouvernement a décidé de couper tous les points d’appuis logistiques. Dès ce matin, Carrefour a fermé l’étage du haut. Où acheter les télés, les PlayStation, les mangas ? Bref, le minimum vital pour survivre en confinement avec des gosses ? Les parents les moins prévoyants se sont pourtant précipités là-bas, pensant trouver une planche de salut… Que nenni ! La tension est encore plus palpable qu’au rayon pâtes un étage en dessous, où le dernier paquet de Barilla est parti sans drame. 

Jeudi 19 mars

Les drames se multiplient en Principauté. Le Grand Prix est annulé, le Prince est le premier chef d’État à être déclaré positif au COVID 19, le conseiller ministre aux affaires sociales ne sait plus où il a rangé ses masques, et pire, le Conseil National, réuni en séance extraordinaire, se prend un « parle à ma main » de la part du Secrétaire général du Gouvernement.

À part ça, le confinement est très bien respecté, tout ça, surtout dès qu’il s’agit d’aller se balader à la plage ou dans les parcs. Du coup, ces lieux sont désormais interdits au public.

Samedi 21 et dimanche 22 mars

C’est la guerre ! C’est le couvre-feu ! Personne dans les rues entre 22 h et 5 h du matin. Même pas pour faire pisser le joggeur, ou envoyer son chien faire les courses. Notre stagiaire a même peur que la maréchaussée monte jusque chez lui s’il rédige ses articles au cours de la nuit. Du coup, il travaille la lumière éteinte, et il a déjà perdu l’usage de son œil gauche… 

Lundi 23 mars

On a appris qu’un médecin savant aurait découvert à Marseille un traitement contre le COVID19, en associant deux molécules au nom à gagner au scrabble. Il aurait diffusé l’information sur les réseaux sociaux accompagnés du hashtag « À jamais les premiers ». 

Mais de vieilles photos fuitent quasi instantanément, montrant ce même professeur marseillais alors qu’il étudiait les Aliens au cœur de la célèbre Zone 51. À moins qu’il ait vu des extraterrestres après avoir bu du 51… Rien n’est moins sûr, mais il ne faut pas s’étonner pourquoi le gouvernement français freine des deux pieds pour cette solution… 

Vendredi 27 mars

Nous en savons plus sur le fameux remède miracle du toubib marseillais, dont nous parlions précédemment. Apparemment, il se serait inspiré de médecines antiques et de procédés datant de l’époque gallo-romaine. Selon un très sérieux document, les Gaulois auraient vaincu un certain Coronavirus grâce à une formule appelée « nid de poule ». Après une recherche approfondie, notre stagiaire aura réussi à mettre la main sur ce précieux document de Goscinny et Uderzo… Là encore, la source n’inspire pas la confiance de l’élite politique française… 

Mercredi 1er avril

C’est bon, vous pouvez sortir, nous allons tous reprendre une vie normale dès demain… Ah non, c’est un poisson d’avril… 

Jeudi 2 avril

Voilà, c’est tombé, on a désormais les sujets du BAC 2020. Certains espéraient un contrôle continu, c’est un examen en bonne et due forme que vont devoir préparer les futurs bacheliers, dès que le confinement sera terminé, cela va de soi. Cependant, comme les conditions de travail sont assez particulières, les sujets seront connus un peu à l’avance. Voici donc en exclusivité les sujets du prochain BAC 2020.

Science et vie : la multiplication des joggeurs en milieu confiné (dissertation, 4 h)

Mathématique : Problème avec équations du 2d degré : Sachant que Medor le chien fait 3 selles par jour, et qu’il doit se reposer 3 h entre chaque sortie de cinq kilomètres, à combien de voisins Jean Kevin peut-il le prêter ?

Philosophie : le confinement, est-ce un jeu, ou une punition ? 

Histoire : L’homme au masque de tissus : mythe ou réalité ? 

Géographie : Du canapé à la cuisine, présentez-nous la géopolitique en milieu confiné. 

Sport : l’épreuve de la poutre, comme dans Koh Lanta, mais en chaussettes sur le tabouret de la cuisine.

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Langue vivante : quelles sont les paroles de l’hymne national que vous chantez tous les jours à 19 h ?

Samedi 4 et dimanche 5

Du monde au balcon, à 20 h samedi et dimanche, dans le cadre du nouveau happening de la gâchette, qui a diffusé, tout berzingue, « Vamos a la playa » en l’honneur de ces courageux ouvrier qui sont sur le pied de guerre pour faire en sorte que la priorité nationale qu’est la plage du Larvotto soit fin prête lors de la fin du confinement. Alors encore merci chers membres du gouvernement, merci de penser à notre bronzage intégral pour cet été. Bon, on n’a toujours pas de masques, et le test pour tout le monde, ça se fait à Menton ou Beaulieu, mais pas à Monaco. Mais au moins, nous, on aura une plage nickel. Et ça, c’est top. Alors merci. 

Lundi 6 avril :

Aujourd’hui, c’était jour de Conseil National ! Comme la fange basket de la Gâchette est au chômage forcé (elle lit des mangas conseillés par Paul Lacombe), voici donc le CR de cette première séance de la mandature 2020, version Roca Team. 

Résumé de la séance : La séance s’est ouverte avec la surprise de voir Jacques Ritt au pupitre de chef de séance, à titre de doyen. Nos sources contradictoires nous ont rapidement fait savoir que le doyen en titre, Daniel Boeri, était confiné chez lui, et suivait la séance sur son minitel. Jacques Ritt restera sur le strapontin que le temps de l’organisation du vote. Et d’un discours long comme une semaine de confinement. Le but ultime de cette manœuvre était d’endormir l’assistance, afin d’être le seul éveillé au moment du vote, et ainsi donc ravir à la dernière minute le titre suprême. Il n’en sera rien, et après que Béatrice Fresko Rolfo et Jean-Louis Grinda se soient solidairement et temporairement rapprochés des élus Primo au nom de « l’unité nationale », Stéphane Valéri est donc élu à l’unanimité. Les commissions et autres présidents sont tous reconduits, dans une ambiance studieuse et terne. La seule remarque valable qui pourra être faite sur cette fin de soirée, c’est que les effets du confinement se font nettement sentir, surtout au niveau capillaire, qui penche sérieusement du côté de Woodstock. 

Le chiffre à retenir : 27, c’est le nombre de fois où Stéphane Valéri va dire « conseil unanime » ou un dérivé.

La question du jour  : On s’est tous posé la même question durant la retransmission : est-ce que le discours de Jacques Ritt sera terminé avant la découverte du vaccin ? 

Samedi 11 et dimanche 12

Pas de Pâques cette année, pas de résurrection de Jésus non plus… Selon nos sources contradictoires, il aurait été interpelé par la maréchaussée monégasque à la sortie de son tombeau. Il n’avait pas d’attestation de sortie, évidemment. Et ses explications comme quoi il était en plein boulot, apporter la rédemption, sauver l’humanité, tout ça, ça n’a pas vraiment convaincu les policiers de faction, qui lui ont collé 100 € d’amende, et l’ont renvoyé manu militari chez lui. AMEN

Lundi 13 avril 

Fiesta en Principauté. Premier jour, depuis le 20 mars, sans cas de COVID19 en plus au compteur. Est-ce un effet weekend pascal ? La procession de Pâques au cœur de Carrefour a-t-elle porté ses fruits ? Est-ce que le chocolat est plus efficace que la chloroquine ? Est-ce que le virus aurait eu peur des beaux jours ? Ou de la nuée de drones qui survole la Principauté de jour comme de nuit ? 

Mardi 14 avril 

Premier moisiversaire du confinement. Voilà un mois que les enfants ne vont plus à l’école, que les parents s’improvisent professeurs, que les coiffeurs et autres barbiers ont tiré leurs rideaux, que les gens se filment en faisant d’incommensurables exploits dans leur appartement, que le télétravail est devenu le quotidien, que Monaco Info est la seule source d’information fiable, que les pontes tirent sur la couverture, que la peur fait ressortir le vrai visage des gens, parfois horrible et égoïste, mais souvent admirable de générosité et de créativité.

Bref, joyeux moisiversaire le confinement.  

Lundi 20 avril

L’information ne choquera personne en Principauté : il pleut ! Les chiens et autres joggeurs ont mystérieusement déserté les rues, laissant la place à des artères tristement désertes, simplement bercées par l’écoulement des eaux dans les rigoles prévues à cet effet. Devant ce vide implacable qui hante les venelles monégasques, les grandes institutions monégasques ne sont pas restées les bras croisés.

La Mairie de Monaco s’est appuyée sur toutes les infrastructures déjà en place depuis cette semaine pour la distribution des masques, pour lancer en urgence un portage de parapluies aux Monégasques et résidents en cette journée pluvieuse.

Ému par la décision municipale, le Conseil National s’est ensuite mis en action, et Stéphane Valéri a pris les choses en main pour se rapprocher de la Mairie afin de se partager les tâches. Ainsi, il a été acté que les élus nationaux distribuent des parapluies aux femmes âgées de 65 ans et plus, et que les élus communaux fassent de même pour les hommes de la même tranche d’âge.

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Fort de sa grande expérience dans la commande de masques diligente, le ministre de la Santé, en collaboration étroite avec son homologue de l’Intérieur, tous deux émus par l’action des élus municipaux et nationaux, ont décidé à leur de tour de lancer une grande commande de K-Ways en tissus.

Monaco Info organisera dès ce soir une Battle de flaques d’eau, sous la bannière « Wet Together ». Cette animation fera l’objet d’une nouvelle rubrique dans l’émission « Monaco face au COVID19 » de Yann-Anthony Noghes.

Enfin, l’éminente conseillère du gouvernement pour les travaux devrait annoncer avant ce soir que pour le bienêtre des Monégasques, un toit ouvrant sera construit sur la plage du Larvotto afin que l’on puisse se baigner les jours de pluie.

Vendredi 24 avril

La qualité de l’air de Monaco est bonne ! Quelle bonne nouvelle ! Ou pas, car c’est la première fois depuis les 40 jours de confinement que la qualité de l’air monégasque passe dans le vert. Un petit vert, une mention passable qui pose bien des questions. Enfin une, peut être deux, qui se chevauchent : alors que les rues sont sensées être vide de tous véhicules, pourquoi est-ce que la qualité de l’air tire encore une tête de six pieds de long ? Parce qu’il y a encore trop de véhicules et que le confinement n’est pas si bien respecté que ça ? Ou alors parce que les véhicules ne sont pas la source unique de la population, et qu’il y a d’autres causes que l’on ne connait pas, ou dont on refuse de nous parler …

Samedi 25 et dimanche 26 avril

Alors que les pros et les anti Raoult s’échinent pour savoir de qui à la solution la plus à même de sauver l’humanité contre le SRAS COVID-19, outre atlantique, les septiques et les béats sont sur la même ligne. Pourtant, la multiplication des tests ne permet pas, à l’heure actuelle, de sortir le moindre remède qui ferait avancer l’épistémé et reculer la maladie. Mais c’est sans compter sans l’outrecuidante omniscience de nos stagiaires, qui bien aidé par la maïeutique et un ensemble de posologies euristiques, a réalisé une découverte cyclopéenne, qui est d’ailleurs en passe d’être validée par un institut privé d’investigations scientifiques situé à Champignac.

Mais nul doute que cette sérendipité n’a accordé aucun des violons des belliqueux protestataires susmentionnés. En effet, tout cela ne met-il pas en exergue le paradoxe de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Certains diront que c’est le cycle de l’existence. Mais laquelle ? Car selon le philosophe, il y a deux vies : la première, c’est la nôtre, les masques, les drones, les partenaires institutionnels, ou votre abonnement à Disney +. Cette vie, c’est notre réalité, celle que l’on a créée, et qui ne peut être qu’illusion si l’on n’y prend pas garde. Puis il y a la mort, mais la mort, elle n’existe pas. C’est la seconde dimension. La vraie dimension de la vie, c’est l’univers ! Et c’est là où l’on revient, soit dans la même enveloppe, soit dans quelque chose d’autre dans laquelle on a envie de revenir et, c’est là le côté philanthropique et unilatéral de la chose, et où l’on s’épanouit. On parle ici du progrès sur la vérité. Et s’il y a des gens qui n’ont pas la vacuité de saisir et de s’ébaudir devant la sérendipité de cette allégorie, qu’en est-il, finalement de ce virus ?

Nous savons juste que l’hydroxychloroquine est un médicament indiqué en rhumatologie dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux disséminé pour ses propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices. Mais au final, comme le dirait cet autre éminent diagnosticien certifié avec double spécialité en maladie infectieuse et néphrologie, le Docteur House : ce n’est jamais un lupus…

Lundi 27 avril

Monaco est définitivement un état en avance sur son temps : les hautes autorités, sous couvert de la science des éminents spécialistes du CHPG, ont prévu que le déconfinement aurait lieu pour la semaine prochaine. Et pourtant, vu le nombre de voitures que l’on peut croiser en ville aujourd’hui, il n’est pas impossible de déclarer officiellement que ce 27 avril 2020 est le premier jour réel du déconfinement … Tout le monde dehors, même si au final, rien n’est ouvert, et que la maréchaussée contrôle encore… ou pas.

Vendredi 1er mai

C’est la fête du Travail, on n’a rien branlé… Normal. 

Lundi 4 mai

Libéré, délivré, nous sommes tous déconfinés ! Oui, mais pour quoi faire ? Les écoles sont fermés, les commerces ouvrent avec grande frilosité, les bars ont gardé leurs portes closes, tous comme les restaurants, le parc Princesse Antoinette, le Jardin exotique, ou encore les plages. Les frontières sont fermées, puisque le confinement est encore de mise chez le voisin français. Bref, on est déconfiné, mais on est bien emmerdé. À par peut être pour aller travailler, et encore, pas chez tout le monde…

Vendredi 8 mai

Nos confrères radiophoniques siègent par delà la frontière beausoleiloise ont alerté l’ensemble de la population francophone à propos de la vente des masques en Principauté. Obéissant ainsi à ce grand élan d’information qui sied à la presse voisine, l’hexagone est donc au courant des turpitudes intramuros des fluctuations de tarifs de la vente des masques au public. Un véritable triomphe 100 % monégasque que la Gâchette n’a pas manqué d’analyser d’un point de vue macroéconomique

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Les éminents économistes qui ont défilé autour du micro passablement désinfecté d’un mélange l’alcool de caroube et grenadine ont attesté, tour à tour, que le prix « coutant » des masques en tissus, apparemment vraisemblablement fixé probablement par le Gouvernement princier, serait en fait fonction de ceux qui les vendent. Plusieurs chiffres sont balancés ça et là, allant de 60 euros la boite de 50, à quatre euros le kilo, douze euros le régime, sans parler de la cotation du pack de masques qui évoluerait à la hausse, fonction du cours du pétrole, et de la déflation du tiramisu au cœur du marché de la Condamine.

À l’instar du prix du kilo de tomate qui peut varier du simple au triple dès lors que l’on traverse les 200 mètres qui séparent Carrefour du marché de la Condamine, qu’est-ce qui justifie un tel écart de cotation observé pour l’achat de ce si précieux morceau de tissus agrémenté de trois élastiques. « Les techniques de fabrication, une couturière qui fait tout à la main, ça ne coute pas pareil qu’une machine qui fait cela pendant que l’opérateur joue à Pokémon Go »… Mais « rien n’est figé. C’est comme les Pokémon, on sait jamais où on va pouvoir les attraper »… F. Pitiot a néanmoins un avis très tranché sur la question : « Le prix, ce n’est pas évident. Il est variable. Je dirais 13. Peut-être 14, voire 15… Enfin tous les chiffres impairs jusqu’à 22. »

Samedi 9 et dimanche 10 mai

Le budget modificatif excessivement déficitaire voté le mois dernier l’atteste : nos finances sont au plus mal. De plus, il n’aura échappé à personne, pas aux équipes de la Gâchette en tous cas, que contrairement à nos voisins frontaliers, Monaco n’a pas de Banque Centrale. Le pays ne peut donc pas comme les autres faire tourner la planche à billets, ce dont personne ne se prive en ce moment pour financer les déficits colossaux dus au covid-19.

Ainsi, une seconde vague de COVID-19, et le confinement qui va de pair, auraient des effets dramatiques sur la bonne santé économique de la Principauté. Une nouvelle ponction massive dans le FRC pourrait mettre en péril l’équilibre monégasque dans son ensemble. Il nous semble donc opportun de mettre à nouveau sur la table l’idée de la création d’une monnaie 100 % monégasque et de relancer le BICOU (francisation de B’COO, soit Barbajuan COnvertible en Or). Cette création monétaire par l’État monégasque ne ferait que répliquer ce que la FED, la BCE et d’autres banques centrales font depuis belle lurette, sous le label de « quantitative easing ». Et le BICOU n’ayant libre court que sur le territoire monégasque, l’érection d’une telle monnaie répondrait à bien des demandes actuelles : insérer du cash pour remettre à flot l’économie, tout en obligeant les salariés monégasques à consommer intramuros (dont nombre de pendulaires qui ont l’habitude d’aller dépenser leurs revenus monégasques à Cap 3000 et autres).

Bref, pour un Monaco véritablement relancé et indépendant, sus aux BICOU !

Jeudi 14 mai

Deux mois après le confinement, une dernière excellente nouvelle nous est tombée dessus : les mariages vont pouvoir être célébrés. Alors certes, cela a demandé nombre d’ajustements nécessaires qu’il va falloir petit à petit faire entrer dans les mœurs, mais la Mairie a toujours la solution. Un vaste et moderne système de Visioconférence est d’ores et déjà en train d’être mis en place en salle des mariages, afin que l’ensemble des officiers d’état civil, le Maire, ainsi que les appariteurs, puissent célébrer les unions en télétravail. En cas de trop forte assistance, les belles-mères seront obligatoirement priées d’attendre à la sortie, tout comme les tontons aux blagues vaseuses, et les adolescents qui cherchent à regarder sous la robe des témoins de la mariée. Pour palier à cela, un forfait mariage + fêtes de noces est à l’étude au Conseil Municipal, directement célébré à l’Espace Léo Ferré.

Le discours du Maire sera adapté aux circonstances. Par exemple, il dira « vous pouvez embrasser la marier, mais en gardant un mètre cinquante de distanciation physique ». Ou alors, le célèbre « si quelqu’un s’oppose à cette union, qu’il tousse, ou se taise à jamais ». Les époux devront aussi faire quelques ajustements. La mariée sera dans le plus simple appareil, le stock de tulle et de tissus ayant été réquisitionné pour faire des masques. La nuit de noces est proscrite, évidemment, et ce pour la raison simple que les hôtels ont tous fermé, et qu’il est malvenu de réveiller les parents en pleine nuit.

Mais la véritable bonne nouvelle, c’est qu’officiellement, la Principauté n’a recensé qu’un seul nouveau cas de COVID-19 sur le dernier mois. Pourvu que ça dure !

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