[Archives] La folle chevauchée de Bouna

MONACO — INCROYABLE ! Tel est le qualificatif que l’on pourrait donner à l’ahurissant scénario qui s’est déroulé hier après-midi en Principauté de Monaco. Un éléphant nommé Bouna, d’un fort beau gabarit, a échappé à la surveillance de ses geôliers alors qu’on le débarquait sur les quais. Il s’est offert une petite balade dans les rues monégasque pour finir son périple sur la verte pelouse du Stade Louis 2.

Hier après-midi alors que le soleil printanier chauffait déjà les abords du port de Monaco, le Nébucabnézar, un navire battant pavillon sénégalais, accostait au niveau du Quai Antoine 1er, avec à son bord un imposant éléphant destiné à trôner dans le zoo monégasque, situé sur le flanc du rocher. Bouna est un mammifère fort rare comme on en trouve encore très peu dans les régions sablonneuses du sud Sénégal. Ses défenses sont en ivoire Ehkarré (sorte de corne exceptionnelle prisée pour sa robustesse et sa blancheur émail diamant), ses pattes, au nombre de quatre, sont herculéennes, lourdes, et pleines de muscles. De plus, il a une mémoire sélective de grande capacité et une petite queue arrière pour chasser les mouches.

Les premières manœuvres furent parfaitement effectuées et Bouna mis pied à terre sans problème. Mais alors qu’il allait être chargé sur le camion qui devait le transporter jusqu’au zoo, un événement encore indéterminé transforma cette manœuvre en cauchemar assez cocasse.
La bête s’emballa, l’enquête cherchera à comprendre pourquoi, et dans un mouvement d’une incroyable puissance, envoya valser les personnes chargées de son transport. Affolé, il se rua dans les rues de la Principauté.
Si le suivre ne fut pas un grand problème, l’arrêter sera quasiment impossible. Certains témoins de la scène parlent d’un véritable « Chaos qui a envahi tout le boulevard Albert 1er, les gens courraient, les voitures étaient laissées à l’abandon, et la bête affreuse avançait tranquillement, comme un touriste dévastateur ». Bouna fut bloqué un temps place Sainte Dévote par les services de Police qui avaient mis en branle le plan Rouge (bien que celui-ci ne s’applique pas forcément aux bêtes sauvages) afin d’empêcher l’animal de venir dévaster le casino et ses pourtours proches. Mais le mastodonte ne s’en laissa pas compter, et après avoir escaladé deux voitures, s’engouffra rue Grimaldi.

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Le capitaine de la police monégasque nous raconte « on n’avait pas le droit de tirer et d’user de quelque arme que ce soit. Sans fusil, personne ne pouvait arrêter un tel animal. J‘espère de tout cœur que les propriétaires des deux voitures défoncées ont une bonne assurance… » 

Bouna gravira tranquillement la rue Grimaldi. Sans de presser, et sans forcer non plus. Rare sont les personnes à vouloir se mettre en travers de sa route, ce qui fait que les dégâts matériels seront fort minimes, à peine un parcmètre sera détruit suite à un contact frontal avec la trompe du colosse à ivoire. Didier P., un vieil autochtone dont l’appartement donne sur la rue Grimaldi, nous raconte son expérience : « J’ai entendu des cris, puis des sirènes de police. Je pensais d’abord que c’était des sauvageons qui faisaient un pastissun… Mais cet éléphant-là, et ça m’a fait bizarre. J’ai vu la grosse bête passer sous ma fenêtre, mais pas longtemps, j’ai été obligé d’aller aux toilettes, à mon âge, ça ne se contrôle pas. Une fois que je suis revenu, elle avait disparu… »

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Car, on ne sait pas trop pourquoi, mais la bête s’est emballé à nouveau une fois arrivé place d’Arme et a piqué vers le zoo. Etrange coïncidence puisque ce doit être son nouveau lieu de résidence. Là, elle a croisé la route du gardien du parc animalier, qui nous raconte : « Je n’ai pas compris. J’attendais l’éléphant sur un camion, et le voici qu’il arrive sans le camion. Par réflexe, j’ai ouvert les portes du zoo pour le laisser renter. Je lui ai même proposé des cacahuètes, mais il a préféré prendre les escaliers. J’ai eu beau crier que ce n’était pas le bon chemin menant à son loft, il a fait la sourde oreille… »

Miracle de la création, l’éléphant a dévalé les marches qui longent le Stade Louis 2 à toute bourre, sans jamais perdre l’équilibre. Alors en train de s’entraîner, l’équipe des jeunes espoirs de la section football de l’Association Sportive de Monaco a pris peur, et ils sont tous partis se réfugier dans leur vestiaire laissant tout en plan. L’éléphant, alerté par les cris des jeunes joueurs, pénétrera dans l’enceinte du stade et ira jusqu’à la verte pelouse d’habitude foulée par les héros en rouge et blanc. Apaisé par l’endroit, et sûrement harassé par sa course, il s’étendra sur l’herbe, paisiblement.
Yvan, un des défenseurs de l’équipe, fut le premier à sortir des vestiaires et à découvrir la bête allongée sur le gazon « Il était là calme et serein. Dans la panique, on avait laissé un ballon, et l’éléphant s’amusait à le faire rouler avec sa trompe. J’ai alerté les collègues, et on s’est tous laissé attendrir par cette bête immense jouant avec notre ballon… J’espère qu’au zoo il aura une place de choix pour nous voir jouer ».

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L’aventure de Bouna s’arrêtera là. Un vétérinaire, dépêché en urgence de la clinique de Nice administrera une dose de somnifère suffisante pour pouvoir installer l’éléphant dans son enclos, grâce à une grue mobile prêtée par une entreprise de bâtiment monégasque. Quelques dégâts matériels, deux blessés légers, et une belle balade, voilà la conclusion de cette histoire hors du commun.

Nul doute que la consultation que souhaite faire incessamment sous peu le Président Campora dans les écoles de la principauté à propos de la nouvelle mascotte de l’AS Monaco a de fortes ressemblances avec Bouna, cette bête fabuleuse qui va trotter dans les esprits pendant encore un long moment…

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