La libération de Monaco : la soirée où tout a basculé !

Après un long trimestre de bombardements intensifs qui ont saigné à blanc le quartier de la Condamine. Après trois jours de combats à Cap d’Ail, où les forces alliées ont avancé mètre par mètre. Après une dernière nuit d’orage où le métal et la poudre à canon sont tombés à verse sur le territoire monégasque. L’armée américaine et les FFI sont finalement entrés à Monaco, libérant ainsi la neutre Principauté du joug de l’occupation allemande.

La victoire sur la désorganisation

Pour le quidam qui a essuyé ses godillots le long des files d’attente devant les camions de ravitaillement, une chose est sure : l’armée allemande est disciplinée, organisée, et ne laisse rien au hasard. Cependant, l’ensemble des observateurs et moult témoins rencontrés autour de la place du Palais ce jour pourront vous le dire : hier soir, c’était le gros bordel à la Kommandantur. Et c’est cette absence totale d’organisation qui a causé la perte du général Spontz et de ses sicaires. Aucune stratégie de riposte, une fuite exécutée avec grande précipitation. Et puis surtout, les préposés de la maréchaussée locale nous ont alertés sur le fait qu’ils ont laissé littéralement en plan un buffet gargantuesque. Mais qu’est-ce qui a donc bien pu subvertir l’armée allemande à ce point ? 

Perturbations radiophoniques

Nos sources contradictoires sont formelles : hier matin, le général Spontz était plongé dans une indicible tristesse. En effet, il a appris, de la bouche de son aide de camp, que sa présentatrice de radio préférée, qu’il écoutait religieusement tous les jours détailler l’état du trafic routier entre Roquebrune et Cap d’Ail, avait décidé de ne plus travailler pour la radio allemande basée en Principauté. Le départ de celle qu’il appelait « la muse au doux prénom de pierre précieuse » l’a même obligé à se faire porter pâle lors de la réunion de crise du milieu de la matinée, ratant ainsi le conseil stratégique de la dernière chance. Mais cela n’était que les prémices d’un jeu de domino qui, moins de 24 heures plus tard, fit choir l’armée allemande du Rocher. 

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Une visite inopinée et vitre cassée

Et pourtant, cette nuit du 2 septembre devait être des plus fastueuses. En effet, la Kommandantur se préparait à une grande réception donnée en l’honneur du demi-frère d’Adolf Hitler, le maréchal Ludwig von Apfelstrude, venu pour la troisième année consécutive profiter des bienfaits du soleil et de la Méditerranée. Où ce sinistre personnage a bien pu disparaitre, nous n’avons aucune information à ce sujet. Cependant, les agapes ont bien eu lieu sur les hauteurs de la Condamine, réunissant tout le gratin local dévoué au Führer. Une cinquantaine de notables triés sur le volet se délectait depuis plusieurs heures des montagnes des socas et autres pissaladières, quand un visiteur inopiné fit voler en éclat la fenêtre du salon, ainsi que la bonne ambiance de la soirée.

Le super héros de la résistance

Masque de loup sur la tête, une cape rouge écarlate, une chemise grise et de gros godillots, c’est dans un rire excessivement énervant que le super héros de la résistance apparut sur la fenêtre susmentionnée. Grâce à un savant fusil de son invention, il badigeonna les plus proches Allemands à sa portée de goudrons et de plumes, avant de sauter par-dessus bord, et d’aller se perdre dans la nuit, non sans crier que « Monaco sera bientôt libéré, délivré ». Ainsi, alors que toute la Gestapo, folle de rage après ce nouvel affront, était en train de courir après Super Résistant galopant de toit en toit sur le quartier de la Condamine, le front de défense de Cap d’Ail, qui attendait désespérément des renforts, ne fut jamais entendu. Pire, quand l’annonce de l’arrivée des chars des FFI non loin de la gare, les nazis prirent la fuite, encore en mocassins et tenus d’apparat. 

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Scalpé comme jamais

Cet épisode, pour l’instant pas encore confirmé, mais pas encore démenti non plus, sonnât le glas des espoirs allemands de contre-attaque. Au petit matin, les chars alliés arrivèrent à la gare, et les drapeaux fabriqués en cachettes commencèrent à s’agiter sur les balcons. Qui est donc ce super résistant à qui l’on doit la libération de la Principauté ? Nul le ne sait, et il est probable que nul ne le saura jamais. Les autres protagonistes de cette sombre affaire vont tous vraisemblablement finir par se perdre dans les méandres de l’histoire, celle qui est écrite par les vainqueurs. Sauf le général Spontz, qui a été retrouvé un peu plus tôt dans la matinée par un commando spécialisé américain, mort roué de coups, le cuir chevelu entièrement scalpé. 

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