La disparition annoncée de la dernière station-service de la Principauté suscite une vive émotion. Faute d’avoir anticipé sa fermeture, les autorités envisageraient désormais de préserver les lieux au titre du patrimoine historique monégasque.
Un patrimoine qui tombe en panne
C’est une page de l’histoire monégasque qui pourrait bientôt se tourner. Alors que la dernière station-service de la Principauté se prépare à fermer ses portes, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer son classement au titre des monuments historiques.
« Je suis quand même surpris que personne n’ait anticipé cette fermeture », déplore un élu du Conseil national. « On savait bien qu’un jour, il n’y aurait plus de station-service. Il aurait peut-être fallu y penser avant. »
Une commission devrait être constituée afin d’évaluer la valeur patrimoniale des pompes à essence, du panneau des prix et du traditionnel rouleau de papier essuie-mains. Une source proche du dossier évoque également la possibilité de conserver un exemplaire de chaque carburant dans des flacons sous vitrine.
Les automobilistes sous le choc
Du côté des usagers, l’inquiétude est palpable. « Comment je vais faire pour aller chercher mon pain le matin si je ne peux plus mettre d’essence dans mon SUV ? », s’interroge un résident, visiblement désemparé.
Contacté par nos soins, un spécialiste de la mobilité estime qu’une solution pourrait être trouvée grâce aux déplacements à pied. La CAM serait même prête à rouvrir la ligne X4, qui ferait le tour des boulangeries monégasques. Une piste accueillie avec prudence par les riverains, qui souhaitent d’abord connaître les modalités pratiques de cette nouvelle forme de transport.
Une cellule de crise à la pompe
Face à l’émotion suscitée par cette disparition, une cellule de crise aurait été chargée d’étudier plusieurs scénarios, dont l’installation d’une pompe commémorative et la création d’une journée annuelle du dernier plein.
« Il faut préserver la mémoire de ce lieu sans empêcher les générations futures de comprendre à quoi il servait », résume un expert du patrimoine.
Le classement pourrait intervenir rapidement, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires auprès des Archives nationales.
Le principal obstacle reste toutefois à lever : personne ne sait encore si l’on peut classer monument historique un bâtiment dont le dernier occupant est parti faire le plein en territoire étranger.