Dans un élan d’organisation parfaitement maîtrisé, La Gâchette de Monaco a célébré ses dix ans… sans vraiment prévenir qui que ce soit, ni même, selon certaines sources, elle-même.
Résultat : aucun souvenir clair de la soirée, mais un consensus général pour dire que “c’était sûrement très bien”. Nos sources contradictoires évoquent une ambiance exceptionnelle ; d’autres parlent d’un moment “historique”, sans pouvoir préciser pourquoi, ni à quel moment exact, ni même si elles étaient présentes. D’aucuns vont même jusqu’à affirmer qu’il s’agissait là de la véritable raison de la venue du Pape en Principauté, information aussitôt confirmée par personne.
Fondée il y a une décennie dans des circonstances encore débattues entre mythe fondateur et décision prise sur un coin de table un peu collant, l’institution s’est imposée comme un repère incontournable pour les autochtones et les pastafariens. Entre légende locale et sens aigu de l’information permanente, elle attire aussi bien les fidèles que les visiteurs de passage, tous persuadés d’assister à quelque chose d’unique, y compris lorsqu’il s’agit d’annoncer avant tout le monde, et avec une assurance remarquable, un programme d’élection sans le moindre candidat déclaré.
Dix ans plus tard, La Gâchette confirme sa ligne éditoriale : coller à l’actualité monégasque, dans une limite floue quelque part entre rigueur journalistique et les frontières du réel.
Un conglomérat regroupant la haute direction de ce média 100 % monégasque, un retraité de la fonction publique, un philosophe sur le retour, un obscur libraire et le tableau État.xlsx envisagerait désormais la publication d’un ouvrage hommage à ces dix années trépidantes. Information crédible ou mirage sentant le poisson pas frais ? À l’aube de son adolescence, La Gâchette avance avec peu de certitudes, mais un sens approximatif du droit à l’information chevillé au corps.