C’est une initiative institutionnelle d’une audace rarement observée sous nos latitudes politiques. Selon nos sources contradictoires, mais très inspirées, un dispositif inédit serait à l’étude afin de garantir la parfaite neutralité démocratique de la Principauté : le rééquilibrage idéologique par déplacement officiel d’élus dans des meetings opposés de partis politiques étrangers.
La théorie de la compensation politique
L’idée serait née après la participation remarquée du président du Conseil National à un meeting du Rassemblement National à Menton. Une présence qui aurait suscité quelques interrogations, plusieurs haussements de sourcils diplomatiques et au moins deux débats de terrasse à propos du respect des valeurs humaines et du rejet de tout comportement raciste, diffamatoire ou homophobe.
Afin de restaurer l’harmonie sur la place du marché de la Condamine, les élus de la Haute Assemblée auraient donc diligenté une réponse simple et mathématique : si un élu assiste à un meeting RN, un autre doit immédiatement apparaître à un meeting LFI. Question d’équilibre.
Du panache et de l’élégance
Et c’est là que l’histoire prend une tournure institutionnelle particulièrement élégante : pour représenter la Haute Assemblée à un rassemblement de La France Insoumise à Cannes, un membre féminin de l’opposition serait fortement pressenti, afin que toutes les sensibilités aient voix au chapitre.
Un proche du dossier explique la logique avec sérieux :
« Il ne s’agit pas d’une prise de position politique. Il s’agit d’un principe de compensation démocratique. Comme pour les émissions carbone, mais avec des selfies. »
Vers une présence politique holographique
Le dispositif pourrait même être perfectionné. Selon un document de travail circulant dans certains couloirs capitonnés, un “indice de pluralité événementielle” serait en cours d’élaboration. Celui-ci permettrait de mesurer le nombre optimal de meetings auxquels assister afin de maintenir une parfaite symétrie politique.
Enfin, dans les versions les plus avancées du projet, certains élus pourraient même apparaître en hologramme, afin d’assurer simultanément leur présence dans plusieurs rassemblements idéologiquement opposés.
Un responsable institutionnel résume l’esprit de la réforme :
« Notre objectif est simple : personne ne doit pouvoir dire que Monaco penche à droite ou à gauche. Au pire, nous penchons légèrement vers le buffet. »
La démocratie monégasque, elle, continuerait donc d’avancer… avec un sens remarquable de l’équilibre.