URBANISME – Monaco classe ses trottoirs en zones naturelles protégées

Face à la multiplication des chantiers simultanés, la réfection version guerre de tranchée du centre commercial de Fontvieille, l’incinérateur qui tarde à faire sa mue industrielle, le Monte Carlo Bay dont l’accès est miné depuis des mois et l’Annonciade désormais classée site de fouilles non déclarées, le Gouvernement a officialisé une mesure aussi audacieuse qu’inévitable : les trottoirs encore praticables deviennent des zones naturelles sensibles.

“Nous avons constaté que certaines surfaces horizontales, stables et non perforées subsistaient encore. Il était urgent de les protéger”, explique un responsable de l’aménagement, ému devant un carré de bitume intact.

Un écosystème fragile

Selon le rapport préliminaire, ces trottoirs abriteraient une biodiversité exceptionnelle : piétons égarés, poussettes en migration, cadis en phase de reproduction et touristes en observation lente, reconnaissables à leur arrêt brutal au milieu du flux pour photographier “un immeuble beige mais authentique”. 

Les experts décrivent un milieu rare où cohabitent plusieurs espèces autrefois communes : le salarié pressé, le retraité à trajectoire imprévisible et le livreur en équilibre précaire. Certains spécimens auraient même été observés marchant sans téléphone à la main, un comportement jugé “quasi mythologique”.

Le moindre pas non autorisé pourrait perturber cet équilibre : une trajectoire trop rectiligne risquerait de déstabiliser les groupes erratiques, tandis qu’un dépassement brusque pourrait provoquer un phénomène de panique appelé localement “effet sortie d’ascenseur”.

Accès réglementé, marche conditionnelle

Des panneaux pédagogiques seront installés : “Ici, un trottoir vivait encore en 2026.” L’accès sera désormais soumis à autorisation. Les résidents devront justifier d’un “motif écologique valable” : déplacement vers une boulangerie durable, promenade à faible empreinte carbone ou fuite stratégique d’un marteau-piqueur.

Des visites guidées sont prévues le week-end, par groupes de six, avec casque, audioguide et arrêt photo devant “le dernier passage piéton non éventré”.

Les autorités se veulent rassurantes : “Il ne s’agit pas d’interdire de circuler, mais d’apprendre à contempler ce qui reste.” Un plan de réintroduction du piéton en milieu urbain est d’ailleurs à l’étude pour 2034, si l’espèce survit au réchauffement climatique.

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