C’est une rumeur qui circule dans les cages d’escaliers feutrées et les ascenseurs trop bien entretenus des domaines : certains occupants ne seraient pas monégasques. Pire encore, ils n’auraient ni grand-père né sur le Rocher, ni photo jaunie devant le Palais, ni même souvenir clair de leur premier embouteillage sur la rue Grimaldi.
Selon une enquête “très sérieuse” menée à partir de discussions de palier, de regards appuyés et de boîtes aux lettres suspectes, des résidents non-monégasques occuperaient bel et bien des logements domaniaux, pourtant réservés exclusivement aux monégasques. Une situation qui interroge, dérange, et alimente les conversations plus sûrement qu’un ascenseur en panne.
Des profils discrets, mais étrangement bien installés
Qui sont-ils ? Officiellement, personne ne le sait vraiment. Officieusement, plusieurs raisons sont évoquées :
– un cousin éloigné haut placé, “qui aide beaucoup”,
– un badge provisoire renouvelé depuis 2014,
– un “excellent dossier” que personne n’a jamais vu,
– ou le besoin impératif d’un accès PMR, y compris pour des personnes parfaitement valides, mais “fatiguées moralement par les escaliers à priorité nationale”.
Certains témoins affirment même avoir vu l’un de ces occupants sortir les poubelles sans siffler l’hymne national. Un autre aurait demandé “c’est quoi un barbagian ?”, signe jugé particulièrement préoccupant par les anciens du quartier.
Une administration confiante… mais patiente
Face à la polémique, les autorités se veulent rassurantes. “Nous cherchons”, assure-t-on, “lentement, mais avec conviction”. Un groupe de travail aurait été constitué, composé de trois commissions, deux sous-commissions et d’un tableau Excel en cours de mise à jour depuis l’été dernier.
En attendant des conclusions définitives, le Gouvernement rappelle que “la mixité sociale est importante”, surtout lorsqu’elle est temporaire, justifiable, et impossible à dater précisément. Les Monégasques, eux, restent vigilants : ici, on ne chasse pas les intrus… on observe discrètement les interphones.

